Collection Icônes

Chaplin, Debord, Prince

Événements
À la fondation
11 mai 2022 à 19:00
Intervenant•e•s
Laurent Jullier
Rose Vidal
Gerald Petit
Emmanuel Tibloux
Jean Cléder

Appréhender les figures marquantes de la culture contemporaine dans tous les domaines, de la littérature au sport en passant par les arts et les sciences, pour saisir leur œuvre au feu vif d’une lecture personnelle et profonde, tel est l’enjeu de la collection Icônes.

Pour ce deuxième rendez-vous avec les Collections Icônes, des éditions Les Pérégrines, la Fondation Pernod Ricard accueil une rencontre entre les auteurs Laurent Jullier pour Debord, Rose Vidal pour Chaplin et Gerald Petit pour Prince.

Contrairement au régime du dictionnaire ou de la biographie, ces ouvrages ne visent pas l’exhaustivité, mais plutôt à extraire des figures et des thèmes (gestes, objets, notions…), dont la constellation définit le plus exactement possible la singularité du personnage concerné. En même temps qu’une galerie de portraits, la collection vise ainsi à former une anthologie des objets et des usages de la modernité, tels qu’ils sont façonnés par les icônes. La Collection « Icônes » est dirigée par Jean Cléder, maître de conférences en littérature générale et comparée à l’Université Rennes 2, et Emmanuel Tibloux, directeur de l’EnsAD (École nationale supérieure des arts décoratifs) et ancien directeur de l’Ensba (École nationale supérieure des beaux-arts) de Lyon.

 

  • Debord, Laurent Jullier :

« Guy Debord est la concision même, il a ramassé le fond de ses idées en douze mots : « Tout ce qui était directement vécu s’est éloigné dans une représentation. » Un mantra qui se conserve facilement. Cette phrase, la deuxième de La société du spectacle, est plus facile à comprendre de nos jours qu’en 1967. La politique-spectacle, l’omniprésence des écrans et des caméras de surveillance, l’addiction aux téléphones portables et la mise en scène de soi sur les réseaux sociaux, tout cela va dans le même sens : le règne des apparences, du look, du spectacle. Sa défense d’une langue française classique et sa détestation de la nourriture frelatée, rendent Debord éminemment actuel. Laurent Jullier nous invite à une balade qui passerait par toutes les adresses « debordiennes » (cafés, domiciles successifs…) pour observer ce qu’elles sont devenues. »

Issu du milieu ouvrier de l’Est de la France, Laurent Jullier a exercé différents métiers avant de soutenir une thèse d’études cinématographiques. Il a écrit des articles et des livres qui défendent une cinéphilie populaire, loin de toute forme d’élitisme. Il est notamment l’auteur d’Héroïnes (coécrit avec Mélanie Boissonneau, Larousse, 2020) et de Qu’est-ce qu’un bon film ? (Armand Colin, rééd. 2021).

 

  • Prince, Gerald Petit :

« Initié à la musique par son père, pianiste, et sa mère, chanteuse de jazz, Prince est un musicien précoce. Multi-instrumentiste talentueux, il décroche un contrat qui lui permet, à dixhuit ans, d’être auteur, compositeur, interprète et d’être son propre producteur. Véritable bourreau de travail, il devient rapidement un musicien et chanteur majeur qui bouleverse l’industrie musicale. Fasciné par son charisme et son génie, Gerald Petit retrace la construction de ce destin prodige et nous entraîne à la suite de cet artiste qui n’a de cesse de se dépasser et démultiplie ses errances entre un public confirmant son aura et une critique sceptique à force d’imprévisibilité. Gerald Petit propose une analyse fine de la stratégie de conquête de cette bête de scène qui, homme d’affaires implacable le jour et machine de création la nuit, est en veille constante et ne manque pas une occasion de (se) produire. »

Artiste et diplômé de l’école nationale supérieure des Beaux-arts de Dijon, Gerald Petit enseigne la peinture au sein du collège Expression plastique de l’École. Son travail a fait l’objet de nombreuses expositions personnelles, notamment au Palais de Tokyo en 2008, à la Fondation d’entreprise Ricard à Paris 2013, à la Galerie Triple V en 2017.

 

  • Chaplin, Rose Vidal :

« Acteur populaire devenu réalisateur iconique, Chaplin a réussi à faire passer le cinéma de la technique à l’art. Du Kid (1921) au Dictateur (1940), ses films sont toujours porteurs, sous leurs dessous comiques, d’une grande force politique. Souvent drôles voire franchement burlesques, ses personnages, notamment celui de Charlot, placent la précarité affective, financière et politique au cœur de chaque film. Son jeu d’acteur et la constitution de ses personnages témoignent d’une sensibilité exacerbée à toute une palette d’existences humaines. Dans ce Chaplin, l’artiste Rose Vidal s’interroge avec sincérité et finesse sur l’héritage que nous a laissé celui qui a marqué son enfance. Par des entrées aussi diverses que l’enfance, les foules, le décor ou le silence, elle tente de discerner les profondeurs derrière la surface de l’icône, la mélancolie dans son humour, elle analyse la place du corps dans son cinéma et la singularité intime de la figure universelle. »

Rose Vidal est critique d’art et artiste. Née en 1997 à Paris, où elle vit et travaille, elle contribue régulièrement au média en ligne AOC par des écrits sur l’art, le cinéma, la littérature, et plus largement sur la création contemporaine. Formée à l’École des Arts Décoratifs de Paris après des études de lettres, son travail explore une création plastique protéiforme, alliant la production d’objets, de textes, de fictions et d’images aux pratiques de la performance, du corps et du langage.

  • Le 11 mai 2022 à 19:00
  • Fondation Pernod Ricard
    1 cours Paul Ricard
    75008 Paris
    0170932600
  • Métro :
    Métro : Gare St Lazare (lignes 3, 12, 13, 14)
    Parking :
    Parking St Lazare