Les Sentinelles #1

« Poétique de la résistance : les conflits du monde arabe dans les arts visuels »

Événements
À la fondation
17 mars 2022 à 14:00
Intervenant•e•s
Camille Leprince
Pascale Cassagnau

Les Sentinelles #1 : « Poétique de la résistance : les conflits du monde arabe dans les arts visuels »

Quelles représentations des traumas et des renaissances les artistes donnent-ils et comment dessinent-ils une cartographie du monde arabe à travers une poétique de la résistance ? Ou, pour le dire avec l’historien et philosophe Georges Didi-Huberman : comment les images prennent-elles « position » ?

Cette rencontre articule la présentation d’une sélection d’œuvres photographiques et audiovisuelles du Cnap issues du monde arabe et de sa diaspora et un éclairage d’une quarantaine de minutes réalisé par des chercheurs et artistes. Le public est invité à intervenir après chaque communication. La modération est assurée par Pascale Cassagnau, responsable du fonds audiovisuel, et Camille Leprince, chargée de recherche.

Avec  Marion Slitine, Pascal Convert et Aliocha Imhoff.

 

Les artistes comme Sentinelles
« La clairière était comme une île au milieu de la menace vague qui semblait monter de ses bois noirs. »
Dans son récit Un Balcon en forêt (1958) l’écrivain Julien Gracq décrit comment l’attente d’un événement suscite et décuple l’imaginaire. Se situant dans les Ardennes pendant la
première guerre mondiale, le roman met en scène des soldats isolés qui attendent, à l’affut, au milieu d’un bois, réinventant leur condition par l’imaginaire et le rêve.
Là où nait parfois le sentiment de vivre assiégés par une actualité de contre-révolutions et de conflits sans répit, les artistes sont ces sentinelles dans la clairière du temps et de
l’Histoire, témoins du présent au sein d’un monde au temps désorienté et aux limites instables.
Comme les sentinelles du récit de Julien Gracq, les artistes savent trouver les points de passages, inventer des temporalités autres, repenser des géographies, malgré le
dépaysement, l’exil à soi et à sa communauté, les turbulences du temps politique.
Par les jeux du documentaire et de la fiction, les oeuvres sont des théâtres qui exposent la conscience tragique du temps tout en la mettant à distance par la juste alchimie d’une
forme plastique émancipatrice.
PROGRAMME :
14h – Accueil et introduction par Pascale Cassagnau et Camille Leprince
14h30 – Palestine : la photographie comme forme de vie, éclairage de Marion Slitine
(EHESS/MuCEM), anthropologue spécialiste de la création palestinienne
Artistes et oeuvres présentés :
Taysir Batniji :
GH0809 (2010), série photo qui documente les destructions de la guerre dans la Bande de Gaza suite à la guerre de 2008-2009.
Miradors (2018), série qui expose dans une neutralité apparente les miradors situés le long du mur entre Israël et la Cisjordanie.
Raed Bawayah :
Childhood Memories (2002), série prise dans le petit village de Qatanna, au nordouest de Jérusalem, où est né Bawayah dans une famille paysanne.
ID 925596611 (2003), série qui porte le numéro d’une carte d’identité et retrace la condition des hommes sans permis de travail qui traversent la frontière pour aller gagner leur vie en Israël.
Deadline (2005), série photo réalisée à l’hôpital de Betlehem en Cisjordanie, l’un des rares hôpitaux psychiatriques de Palestine.
15h – Algérie : dix ans de guerre civile et une image iconique, éclairage de l’artiste plasticien Pascal Convert, à partir de son documentaire La Madone de Bentalha
Artiste et oeuvre présentés :
Hocine :
La Madone de Bentalha (1997), photo de presse qui a fait le tour du monde suite au massacre du village de Bentalha dans la banlieue d’Alger et exposant une femme sous le choc d’un évènement dont la représentation semble à l’époque impossible.
16h – Maroc : la flore comme témoin d’un conflit oublié, éclairage d’Aliocha Imhoff, docteur en esthétique (Paris 8) et fondateur de la plateforme « le peuple qui manque »
Artiste et oeuvres présentés :
Abdessamad El Montassir :
Achayef (2018-2020, 16’50), un film qui interroge les formes d’amnésie produites par les traumatismes du conflit du Sahara au sud du Maroc, mais aussi la possibilité d’une
transmission qui lie les narrations des plantes, des mythologies et des récits fictionnels.
Résistance naturelle (2016), photo qui rend compte la résilience de la flore à travers le symbole du daghmous.
Liban – Kurdistan – Syrie : vers des pratiques éco-féministes ? projection-débat (1h30)
Artiste et oeuvre présentées :
Marwa Arsanios :
Who Is Afraid Of Ideology ? Parts I & II (2019, 57’), film qui interroge depuis trois foyers de lutte la capacité des communautés humaines à s’organiser et se réinventer de la
guérilla aux coopératives agricoles, en particulier à travers les pratiques éco-féministes.
Cette première rencontre se tient en amont de l’exposition Les Sentinelles à l’IMATourcoing, qui aura lieu de septembre 2022 à janvier 2023. Une seconde rencontre sera organisée à l’hiver 2022 à la Fondation.

 

  • Le 17 mars 2022 à 14:00
  • Fondation Pernod Ricard
    1 cours Paul Ricard
    75008 Paris
    0170932600
  • Métro :
    Métro : Gare St Lazare (lignes 3, 12, 13, 14)
    Parking :
    Parking St Lazare