L'Avancée

L’Avancée est un mur d’accrochage dédié aux artistes émergent·e·s et une manière de prolonger l’espace d’exposition dans l’espace de vie. Durant l'année 2022-23, la Fondation s'associe avec l'Ecole des Beaux-Arts de Paris et la filière "métiers de l'exposition". Tous les deux mois, d’octobre à juillet, un·e étudiant·e est invité·e à investir cette cimaise et à accompagner son accrochage d’un échange avec le public.

Charlotte Simonnet

16 novembre 2022 - 8 janvier 2023

« L’œuvre que je propose est une installation nommée Coutures. Elle est composée de fer à béton imitant le mouvement d’une corde et vient comme coudre le mur dont elle sort, formant des boucles de dimensions différentes avant de tomber sur le sol. Ce fer à béton est traité de manière à ce qu’il ait une couleur noire aux reflets violets.

Cette installation consiste un geste évoquant la construction même d’un lieu, d’une architecture. Il est ici question de bâtir un espace comme on bâtit un vêtement. En sortant de la cimaise, le fer à béton rend visible une forme invisible. Le geste de la couture évoque alors une manière de lier le dessous avec le dessus. Un jeu d’illusion se crée par le contraste entre la rigidité du métal et les formes arrondies et souples d’une corde. »

Charlotte Simonnet 

Clédia Fourniau

28 septembre - 2 novembre 2022

« Géminé c’est-à-dire doublé, groupé ensemble, fait référence au principe de bond et de rebond sur lequel je travaille depuis quelques années. Il y a d’abord la surface miroir du tableau qui reflète cellui qui la regarde et qui voit son corps faire corps avec la peinture elle-même. Il y a ensuite ces couches successives de résine et de mica qui se superposent et archivent le processus et la vie à l’atelier. Il y a aussi une sorte d’enjeu théâtralisé du corps, simultanément poussé au centre et repoussé vers les contours, où les gestes et les tableaux eux-mêmes ricochent et se dédoublent dans un mouvement performatif. Ce double-cadre et ce double-tableau sont autant de possibilités pour moi d’interroger l’acte créatif, que d’affirmer la nécessité pour une peinture d’en abriter d’autres. »

Clédia Fourniau

Lena Long

9 juin - 9 juillet 2022


Par la peinture, Lena Long rend compte d’un moment charnière difficilement délimitable entre l’enfance et l’adolescence. Ce passage se rejoue à l’infini dans le cadre du châssis, par une matière mate et des couleurs acidulées.

« Je peins des emballages, des gâteaux trop décorés, des architectures fragiles, des mondes de plastique… La fast-food comme les jeux sont autant de plaisirs instantanés et régressifs. Ils appartiennent autant au réconfortant qu’à la fin du temps des hommes. On oscille alors entre tendresse et  un constat aigre-doux. Mon affection va à la fin de l’enfance et au début d’adolescence. Elle incarne pour moi le seuil des violences – psychique, économique, climatique. En extirpant et en s’appropriant les forces et les élans de l’adolescence, le capitalisme se régénère. Le formes gonflables, enflées, fluos, plastiques, éblouissantes sont celles de ce régime. Pourtant c’est aussi le temps des sororités et du primaverisme. Ce sont ces forces et formes que je cherche à peindre – le lieu de toutes ces puissances. » 

Lena Long

Frederik Exner

12 mai - 4 juin 2022

Frederik Exner mène un travail de sculpture figurative aux matériaux divers.

Les images, qu’elles soient peintes, sculptées voire sculpturales, sont essentielles dans son travail, celles-ci priment sur les questions d’espace, de forme et de matière.

Des créatures, des êtres non-humains, des hybrides humain-objet et humain-animal (etc.) figurent souvent dans son univers. Ils se battent, se caressent, s’envahissent, se câlinent ou se pénètrent ; se dévorant eux-mêmes dans un cycle sans fin qui déstabilise les hiérarchies dualistes entre la nature et la culture, le sujet et l’objet, la réalité et la fiction, l’humain et le non-humain. 
Ces êtres étranges sont les émissaires d’une force et d’une volonté non-humaine ; d’un matérialisme vitaliste qui pourraient suggérer des alternatives à la pensée anthropomorphique.

Photo : (c) Tadzio

Bahar Kocabey

14 avril - 7 mai 2022

Bahar Kocabey explore les possibilités plastiques du portrait et du motif à travers le dessin, la peinture, la céramique. Pour l’artiste française d’origine kurde, « tout commence par le dessin », geste primitif d’une double exploration de la forme et de l’informe. En jouant des ambiguïtés entre motifs et « macules » selon la méthode prescrite par Alexander Cozens1, elle puise alors dans des formes narratives non circonscrites à une idée de l’autoportrait réduite à une intimité hermétique.

Elle compose ainsi des portraits-paysages. D’une douce hospitalité, tons ocres et couleurs chaleureuses dominent les compositions de l’artiste qui articule les mondes qu’elle habite simultanément, en même temps qu’elle réhabilite une culture violemment silencée. D’après la notion de « subalternité kurde » développée par Engin Sustam2, elle dessine ainsi les horizons d’une identité culturelle politique, multiple et en relation.

1Jean-Claude Lebensztejn, L'art de la tâche : introduction à la Nouvelle méthode d'Alexander Cozens, 1990.
2 Engin Sustam, Art et subalternité kurde : l'émergence d'un espace de production subjective et créative entre violence et résistance en Turquie, 2016.

Nino Kapanadze

17 mars - 9 avril 2022

« Je m’intéresse à la pratique de la peinture non comme un médium de création d’images, non à une surface mais à un espace où je peux développer une conversation, confronter mes propres approches et surtout poser des questions sur la peinture contemporaine. Cet espace est une zone de conflit entre l’universel et le personnel, l’abstraction et la représentation, la beauté et la vérité. Je ne suis pas intéressée par une vérité factuelle du monde pictural mais une vérité totale qui vient comme une agglomération de perceptions. Il n’est pas toujours nécessaire de résoudre des conflits, ma pratique artistique vit dans cette zone de conflit, elle me laisse assez d’air pour le développement d’une vision singulière.  »

Nino Kapanadze

Photo : (c) Aurélien Mole

Anna Aucante

17 février - 12 mars 2022

« Heureuse la faute […] » indique un sous-titre brodé sous l’une des « Réparations » d’Anna Aucante. « Ta dette est payée » complète un autre comme pour enfoncer le clou. Dans ses tissus reprisés et augmentés de messages elliptiques qui rappellent la poésie des marabouts de Barbès, Anna Aucante entremêlent les fils d’une texture sociologique autant qu’artistique. Qui la conduit du côté des travaux de jeunes filles du XIXème siècle jusqu’aux questions les plus contemporaines d’écologie et de dette justement, que nous serons bien en peine d’honorer.

Opéré récemment, ce tournant dans la pratique d’Anna Aucante lui a permis d’envisager autrement son travail de peinture et de dessin. Raccommodés, rapiécés, suturés, ses tableaux sont aussi des champs de bataille où il s’agit, comme le dit joliment l’artiste, de remettre de l’ordre. Et ce faisant de guérir d’une lecture trop péjorative de cet ordre retrouvé qui chez elle est plutôt gage d’harmonie.

John D. Alamer

13 janvier - 12 février 2022

John D. Alamer est un artiste auteur qui œuvre à la mise et remise en circulation de textes par le biais de parutions qui prennent la forme d’objets éditoriaux.

Clément Courgeon

2 décembre - 23 décembre 2021

Cette belle arnaque de Luc Balayette… Luc ce nouveau colporteur, charrie des objets et les histoires qui vont avec. Il adore débiter ses histoires à des oreilles fraîches.

Parler fort, éructer et bruiter est rendu possible grâce à son costume : c’est son estrade. Il lui donne la capacité de s’exprimer devant un large public.

Son saint-frusquin le protège, exagère et amplifie sa parole.

C’est lorsqu’il revêt son habit, qu’il s’autorise à parler, crier, et taper des pieds. C’est une armure qui le soustraie à lui-même. Ainsi nippé de son attirail, il divorce de sa timidité.

 

Mathilde Rossello

28 octobre - 27 novembre 2021

« Dans mon travail de peinture, je m’intéresse principalement à la représentation du corps. Avant l’étape de peinture qui s’effectue à l’atelier j’écris, je dessine et me mets en scène dans des autoportraits photographiques que j’intègre parfois à mes tableaux. La représentation du corps féminin au cinéma a récemment été une forte source d’inspiration. Mon intérêt pour le récit et la poésie cependant persistent ainsi qu’une attention pour les relations qu’entretient la pièce finale avec l’espace d’exposition et ses visiteur.se.s. »

Mathilde Rossello

Photo : (c) Thomas Lannes