Née en 1985, Marie Quéau appartient à une génération de plasticiens qui mobilisent la photographie et la vidéo pour fictionnaliser le réel et refléter le trouble de notre époque. Lauréate de la 5e édition du Prix LE BAL / ADAGP de la Jeune Création, elle explore la confrontation intentionnelle du corps à des états-limites. Entre documentaire anthropologique et fiction spéculative, son travail récent s’attache à représenter des segments de corps mis à l’épreuve ou confrontés au danger, saisis dans un noir et blanc puissamment contrasté.
Dans l’exposition qu’elle présente jusqu’au 8 février 2026 au Bal, elle se concentre en particulier sur des cascadeurs de cinéma, des plongeurs en apnée et des adeptes des rage room, ces lieux défouloirs où l’on paye pour casser des objets. Violence et destruction, bruit et fureur, y sont canalisés et tenus à distance par l’artifice et la théâtralisation, produisant contre toute attente une forme de quiétude méditative. Son attachement à la scène électronique noise et post-industrielle, par delà un quelconque goût musical, contribue à forger son esthétique. Nous évoquerons ensemble cette mise en tension de l’image et du son et de ces simulacres de violence, émanant d’une relecture postmoderne des rituels de transe et de leur inscription iconographique dans l’histoire de la civilisation.
Son travail a été présenté dans de nombreuses institutions et festivals, dont le Centre Photographique d’Île-de-France, le Festival international de mode et de photographie de Hyères, le Centre culturel de Freiburg, la Filature de Mulhouse, la galerie Madé à Paris.
Ses projets ont donné lieu à plusieurs publications: Handbook (September Books, 2018) est une cartographie poétique de sites dédiés à la recherche scientifique ; Odds and ends (Area Books, 2021) explore la fin comme processus à l’œuvre dans ce qui nous entoure ; et Le Royaume (Area Books, 2025) dresse le portrait d’une communauté imaginaire.
Ses œuvres sont présentes dans diverses collections telles que le Frac Île-de-France, le Centre national des arts plastiques (Cnap) ainsi que la Bibliothèque nationale de France.