Retour sur la résidence de Elise Legal à Aperto

© Esmire & Erwan
© Esmire & Erwan

Entre janvier et avril 2026, l’artiste Elise Legal était en résidence à Aperto. À partir de ressources littéraires et politiques, l’artiste a mis à profit ce temps de recherche pour préciser et développer une réflexion foisonnante sur les pouvoirs et les limites de la poésie aujourd’hui.

Dans le sillage du poète anarchiste Sean Bonney, Elise Legal a réaffirmé l’opérativité de la poésie : l’importance de définir ses ennemis, d’envisager la poésie comme un espace littéraire pour penser le refus, et de négocier avec les notions d’adresse et de traduction. Les poèmes ont ainsi constitué un moyen de faire survivre des émotions qui étaient censées être réfrénées, « parce que nous vivons au sein de structures façonnées par le profit », selon les mots de l’autrice Audre Lorde. Portée par la dimension collective de l’écriture, Elise Legal a invité d’autres artistes à participer à une soirée de lectures publiques, organisée le mercredi 28 mars, ainsi qu’à un événement de clôture de sa résidence, le 15 avril. Le 2 juin 2026, Elise Legal et Fanny Taillandier étaient les invitées du deuxième épisode de Radio Aperto.

15.04.2026  - Open studio - clôture de résidence

À l’issue de ses trois mois de résidence de recherche-création à Aperto, Élise Legal a ouvert les portes de son atelier au public. Cette restitution a permis de découvrir une peinture murale réalisée en collaboration avec le studio Garnier Araguas, ainsi que plusieurs matériaux issus de sa recherche. L’artiste y a également présenté le lancement de l’édition bilingue d’Antimatière de Sean Bonney, dont elle a signé la traduction française (avec une relecture d’Elsa Boyer), publiée avec Salt&Cedar, ainsi qu’une édition-archive conçue à partir des images du Tumblr de Sean Bonney, réalisée en collaboration avec le studio de design graphique mrs-sissy-lyn.

28.03.2026 - Entendre ce qu'on veut

Entendre ce qu’on veut était un événement de lectures publiques pensé par Élise Legal, avec Camille Kingué, Fanny Lallart et Julie Sas.

L'événement proposait d'envisager l’écriture comme un geste profondément relié aux conditions matérielles et de travail. Les textes qui ont été partagés sont de stratégies personnelles et féministes pour écrire malgré tout. Il s’agit d’écrire des poèmes, composer avec et/ou contre la langue du pouvoir, traduire des textes qui comptent, en résumé : négocier avec les limites imaginaires ou avérées.

Pour écouter toutes les lectures : Elise Legal à Aperto, Entendre ce qu'on veut