Évènement

"Entretiens sur l'art" avec Alain Guiraudie

Mercredi 11 février 2026 à 19h

Confiés depuis 2021 à la critique et commissaire Jill Gasparina, les « Entretiens sur l’art » qui, depuis plus de 20 ans, dessinent une formidable collection de paroles d’artistes, scrutent avec attention la matérialité et les conditions d'émergence des œuvres des artistes invités.

Cinéma, écriture, photographie. Alain Guiraudie navigue depuis toujours entre différentes pratiques artistiques. Il écrit ses premiers romans dès les années 1980 (mais il ne publiera le premier, Ici commence la nuit, qu’en 2014, chez P.O.L). Son premier court-métrage, Les Héros sont immortels, sort en 1990. Il sera suivi de plusieurs moyens, puis de longs-métrages, sept au total, dont le dernier en date, Miséricorde, est sorti à l’automne 2024.

Son univers fictionnel singulier joue très librement avec les genres cinématographiques (fantastique, mythologie, science-fiction, ultra-réalisme, critique sociale, comédie, film noir...) et se déploie dans une France peu montrée au cinéma. La représentation des petites communautés homosexuelles rurales, de la vie en creux des agriculteurs et des ouvriers, de la diagonale du vide et des zones péri-urbaines, des corps normaux et pourtant considérés comme non standards, ou encore celle d’une sexualité intergénérationnelle constitue ainsi un véritable projet politique qui lorgne vers l’utopie, et irrigue tout son cinéma, comme plus largement son œuvre visuelle et littéraire.

En 2018, alors qu’il est artiste invité à l’École du Fresnoy, à Tourcoing, Alain Guiraudie se remet à la photographie, en renouant avec la pratique de l’argentique dont il était familier plus jeune, lui qui réalisait lui-même ses tirages. Après les cinémas et les cinémathèques, les librairies et les maisons de la poésie, on voit alors son œuvre faire une percée dans une nouvelle sphère, celle de l’art contemporain.

Ses photos sont prises lors de déambulations urbaines. Il se pose, à l’affût. Il attend que quelque chose se passe, photographie des passants avec qui il échange et poursuit éventuellement les prises de vue. Ce sont, dit-il, « des scènes de genre qui se sont faites toutes seules. »

Quelle place la photographie occupe-t-elle aujourd’hui dans la galaxie du cinéaste ? Et la littérature ? Si chaque pratique possède son autonomie, on remarque d’évidents effets d’écho entre les textes et les images, des jeux d’adaptation, de circulation. Et bien entendu, une même liberté et une même défense du pouvoir de l’imagination. L’entretien reviendra ainsi sur les manières dont ces différentes économies de travail s’élaborent dans leur spécificité, mais aussi se croisent, et se nourrissent.

© Thierry Couet
© Thierry Couet
Date
Horaire
19h00
Adresse
Fondation Pernod Ricard
1 cours Paul Ricard
75008 Paris
Entrée libre