Inauguration de Voeux de Louise Sartor et Le Monde à l’envers III de Sarah Benslimane
Le mardi 30 juin de 17h30 à 20h, la Fondation d’entreprise Pernod Ricard inaugure les œuvres in situ des artistes Louise Sartor et Sarah Benslimane. Intitulées Voeux (2026) et Le Monde à l’envers III (2026), les toiles monumentales des artistes sont installées pour une durée de deux ans, respectivement sur l’immeuble en face de la Fondation et sur le fronton d’entrée. Fortes chaleurs : L'espace extérieur est au frais à l'ombre et les salles sont climatisées ! ❄️
Louise Sartor, Voeux (2026)
Œuvre monumentale installée sur l’immeuble faisant face à la Fondation d’entreprise Pernod Ricard, Voeux (2026) de Louise Sartor exprime les ressentis parfois contradictoires soulevés par l’état actuel du monde. Chaque jour une cascade de nouvelles plus alarmantes les unes que les autres paralysent notre raisonnement et notre sens critique en nous maintenant en état de choc permanent. Le climat de remise en cause de la notion même de vérité, et de recul de la relative paix entre les nations est intensément anxiogène. Les feuilles de papier journal évoquent cet assaut quotidien d’actualités terrifiantes et l’état inquiétant du traitement de l’information. Mais leur pliage en origami fait référence à un symbole de paix : selon une légende japonaise, réaliser individuellement le pliage de mille grues en papier permettait de voir son voeu exaucé. Cette tradition se perpétue de nos jours au mémorial d’Hiroshima, où chaque année sont déposées des milliers de grues votives pour la paix venues du monde entier.
Art Wall est un programme de mécénat artistique qui érige pour deux ans une oeuvre monumentale en face du siège mondial de Pernod Ricard à Paris, choisie par les collaborateurices du groupe parmi une sélection proposée par la Fondation. L’œuvre de Louise Sartor succède à Cloudy (2022) de Carlotta Bailly Borg.
Sarah Benslimane, Le Monde à l’envers III (2026)
"Le Monde à l’envers (2025) utilise des rouleaux de papier-peint imprimés d’un motif digitalisé de la terre vue de l’espace : sur chacun des cinq lais empilés horizontalement, les contours des continents et des frontières ont été redessinés, découpés et redéfinis. La brutalité et le caractère dramatique d’un tel geste sont accentués par le fait que la terre est représentée de nuit et parsemée de perles de verre rouges, comme autant de feux vus de la stratosphère. Cette image interstellaire d’un état de guerre trouverait sa place, au vu de son esthétique de mauvais goût, dans un salon de manucure ou dans un supermarché de banlieue, plutôt qu’au mur d’un état-major. Les perles qui constellent le papier-peint évoquent tout aussi bien les points rouges d’une présentation cartographique qu’on trouverait dans un musée historique, auprès de ses textes pédagogiques. Et pourtant des balises réparties sur l’ensemble de la carte sont autant de marqueurs d’une scène de crime, nous renvoyant à la banalité de la violence sur notre planète.”
Extrait du texte de Fabrice Stroun paru dans le MAMCO Journal n°15 en 2025 à propos d’une version antérieure de l’oeuvre, présentée d’abord à la Galerie Francesca Pia (CH) puis au 19M (FR) en 2025. Projet en constante évolution, le motif de l’oeuvre Le Monde à l’envers se déploie en multiples variations.
Pleinement intégrée à l'architecture, le fronton d’entrée de la Fondation Pernod Ricard permet à un artiste d'y accrocher une toile pour une durée de deux ans. Chaque artiste désigne ensuite la personne qui prend son relais. L’œuvre de Sarah Benslimane succède à TEMPLATE (2024) de Nicolas Chardon.