Lancement du livre Une histoire de l'art des années 1990 : On s'est bien amusés ! de Christine Macel (2026, Manuella Éditions)
Présentation du livre par Alfred Pacquement, directeur honoraire du Mnam-Centre Pompidou à 16h30, en présence d'invités-témoins : Valérie Belin, Chantal Crousel, Hou Hanru, Fabrice Hyber, Didier Krzentowski, Fabienne Leclerc, Stefan Nikolaev, Anri Sala, Jérôme Sans, Nathalie Obadia et de nombreux acteurs de ces années-là.
Suivie d'une signature de l'ouvrage.
Le titre donne le ton du livre, entre analyse pointue et reflet d’une époque dynamique animée par un esprit festif où l’autrice était à la fois actrice et spectatrice, alors que les années 90 suscitent un nouvel intérêt avec l’expostion « 90’s » qui débutera le 7 octobre 2026 à la Tate de Londres.
Cet essai explore les bouleversements des mondes de l’art des années 1990, de la chute du Mur de Berlin en 1989 aux attentats du 11 septembre 2001 – des années clefs qui les ont modifiés en profondeur et ont ouvert tous les débats et réalités actuels.
Il s’agit d’un récit chronologique, prenant en compte pour chaque année les événements géopolitiques et socioculturels qui constituent le cadre dans lequel l’art contemporain a évolué de manière décisive et inédite : la mondialisation a changé la donne en ouvrant les perspectives vers d’autres continents, modifiant la manière d’envisager l’histoire de l’art, dans le cadre d’une remise en cause de l’universalisme et de l’essor des Suds.
Les bouleversements technologiques, de l’e-mail au téléphone mobile en passant par les vols low cost ont également modifié en profondeur la connaissance des scènes artistiques tout en multipliant les horizons. De New York à la Chine en passant par l’Afrique du Sud et l’ouverture à l’Est de l’Europe, tout en prenant comme point de vue la situation en France, ce livre analyse également les grandes expositions de la décennie, les biennales et documenta, les textes théoriques et critiques fondateurs, les polémiques de l’époque, ou encore l’évolution du marché de l’art et ses conséquences. Il définit les grandes thématiques, parfois opposées, abordées par les artistes, entre esthétique relationnelle, art sociopolitique, art de l’intime, du banal, du kitsch ou du presque rien. Il aborde également l’évolution même de la position et de la posture de l’artiste dans un monde où la visibilité devient une question cruciale, tout comme le réseau et le marketing. Il approfondit enfin l’analyse de l’art des années 90 dans son rapport aux médias, à la mode et aux marques, à la musique techno et à l’esprit de fête et de rire qui a défini ces années, partagées entre désenchantement et volonté d’ouvrir une nouvelle page sur le monde.
Christine Macel est historienne de l’art et conservatrice générale du patrimoine. Elle a supervisé les collections d’arts visuels du Fonds national d’art contemporain pendant cinq ans, puis créé et dirigé le département d’art contemporain du Centre Pompidou Musée national d’art moderne pendant 22 ans (Service Création contemporaine et prospective). En 2017, elle a été commissaire de la Biennale d’art de Venise « Viva Arte Viva », ainsi que de plus de 50 expositions depuis 1995. Elle a dirigé le musée des Arts décoratifs de Paris à partir de 2022 où elle a réalisé l’exposition « L'intime. De la chambre aux réseaux sociaux » (catalogue Gallimard). Elle a publié l’essai « Le Temps pris. Le temps de l’œuvre, le temps à l’œuvre » en 2009 (Monografik/republié par Flammarion en 2017)