Night Mode
Exposition personnelle d'Arash Nassiri
Commissaire : Franck Balland
Vernissage le 11 mai 2026 à 18h
La première partie de l'exposition à la Chisenhale Gallery (Londres) du 18 janvier au 22 mars 2026
C’est dans les espaces assombris de la Fondation Pernod Ricard que se déploie l’exposition « Night Mode », première présentation monographique d’ampleur de l’artiste franco-iranien Arash Nassiri dans une institution française. Composée d’un ensemble inédit de sculptures et d’une vidéo intitulée A Bug’s Life (2026), co-produite avec la Chisenhale Gallery, à Londres, et diffusée dans leur espace entre janvier et mars dernier, cette nouvelle étape du projet offre une perspective nouvelle sur l’œuvre de l’artiste. Toujours soutenue par une logique d’assemblage, ainsi que de rapprochements formels et conceptuels emblématiques de ce travail depuis une dizaine d’années – lesquels, parfois, pouvaient relever du choc des mondes –, l’exposition établit un parallèle singulier entre la construction d’univers factices et la perte de repères liée aux situations de migration. Cette réflexion, si elle apparait dans l’exposition « Night Mode » comme le revers d’un univers pop formé par les objets de consommation détournés de leurs usages et les références à la culture de masse, trouve avant tout un écho particulier dans le parcours biographique de l’artiste.
Né à Téhéran en 1986 et ayant vécu les premières années de sa vie au Lignon, près de Genève, dans un grand ensemble emblématique des utopies architecturales des années 1960, Arash Nassiri est aujourd’hui installé à Berlin. La capitale iranienne est cependant restée un point d’ancrage fondamental pour lui, agissant dans sa pratique comme une entité autonome et migrante venant se superposer à diverses représentations du monde, comme cela fut notamment le cas dans les vidéos Tehran-Geles (2014) et City of Tales (2017). Sans pour autant faire de la ville un révélateur venant mettre à jour les écarts qui, dans l’imaginaire collectif, s’édifient entre différentes localités, il l’envisage comme un prisme où apparaissent les fantômes et les fantasmes d’une histoire fragmentée.
Cette préoccupation se prolonge désormais dans la vidéo A Bug’s Life, qui occupe l’espace principal de la Fondation, sous la forme d’une installation immersive dont l’atmosphère lumineuse se diffuse, elle, dans la totalité de l’exposition. On y découvre, à hauteur de vue d’une marionnette d’insecte aux yeux phosphorescents, l’intérieur d’une luxueuse villa perchée sur les hauteurs de Beverly Hills. Le marbre et les dorures encadrent les meubles précieux et les escaliers majestueux que le petit animal en bois, articulé et animé de fils, visite de nuit, à l’abri des regards mais pas des dangers que représente une telle exploration pour une créature qui n’y a pas été invitée.
Si l’on s’y attarde cependant, l’image livre progressivement d’autres indices, permettant de comprendre que cette demeure est en fait l’œuvre de l’architecte iranien Hamid Omrani. Ce dernier, célèbre pour avoir réalisé ce qui fut a posteriori nommé, de manière péjorative, les Persian Palaces, était devenu une personnalité incontournable auprès des familles fortunées de la diaspora iranienne, arrivées aux États-Unis après la révolution de 1979. Ces maisons qu’il concevait en mêlant différentes inspirations géographiques et époques, dont le style composite et les proportions massives ne sont plus autorisés depuis 2004 dans la riche commune du comté de Los Angeles, ont pour la plupart été détruites ou profondément remaniées. Celle que l’on rencontre en observant l’insecte, tout aussi intrépide que maladroit, qui traverse A Bug’s Life, en constitue à ce titre un des derniers exemples remarquables.
Ainsi l’exposition « Night Mode », empruntant et bousculant les formes du divertissement par des biais divers, prolonge l’écho des questions qui régissent l’œuvre d’Arash Nassiri depuis ses débuts. L’identité y est présentée dans sa nature invariablement hybride, au croisement de différentes sources d’influences et de multiples désirs, telle une construction complexe en permanente recomposition.
Franck Balland
Commissaire de l’exposition
Arash Nassiri, A Bug's Life, 2026. Le film a fait l’objet d’une commande conjointe entre Chisenhale Gallery, Londres ; Fluentum, Berlin et Fondation d’entreprise Pernod Ricard, Paris. Production : Chisenhale Gallery. Avec le soutien des résidences Callie's à Berlin et Villa Albertine à Los Angeles. Partenaires principaux : Fondation des Artistes et Fluxus Art Projects. Avec le soutien supplémentaire du Chisenhale Gallery Commissions Circle. Courtesy de l'artiste et de Ginny on Frederick (Londres).
Scénario et réalisation : Arash Nassiri
Marionnettiste : Soledad Zarate
Directrice de production : Olivia Aherne
Assistant de production : Oscar Abdulla
Directeur de la photographie : Manuel Branáa
Assistant caméra : Kevin Ulibarri
Machiniste : Ryan Culbertson
Assistant de plateau : Arash Nassiri
Son : Nicolas Becker & Andrea Ferrara
Bruitage : Heikki Kossi & Janne Laine
Mixage : Andrea Ferrara
Musique originale : Hesam Abedini
Conception des marionnettes : Soledad Zarate & Arash Nassiri
Fabrication des marionnettes : Çağrı Yılmaz
Design additionnel des marionnettes : Samantha Lake
Consultant marionnettes : Kahbia Sada
Artiste animatronique : Jason Cook
Répétitions marionnettes : Georg Jenisch
Propriétaires : Siavash Shirani & Afsaneh Mansouri
Architecte et consultants : Hamid Omrani, Greg Goldin, Hamed Khosravi
Un immense merci à Hamid Omrani, sans qui ce film n’aurait pu voir le jour.