Évènement

La Toile - Carte blanche à Taddeo Reinhardt

Mercredi 28 octobre 2026 à 19h

Ce premier rendez-vous de La Toile, nouveau cycle de projections de la Fondation Pernod Ricard, réunit des films d’origines et d’époques diverses, qui composent un maillage de voix liées autour d’une même question : comment (se) raconter ? Comment faire récit de l’intime tout en laissant apparaître les réalités historiques et systémiques qui façonnent nos conditions d’existence ? Comment raconter l’Histoire, les lieux, une époque, la violence, à partir de soi ? Et comment adresser ces récits à d’autres, par le cinéma et les images ?

Les quatre films réunis explorent chacun une forme cinématographique singulière, de façon à mettre à l’épreuve les enjeux soulevés par le fait de se servir de son corps, de sa voix et de son regard pour rendre compte d’une expérience et du monde qui la façonne. Entre expérimentation, fiction, introspection et geste collectif, ils interrogent, de manière directe ou en creux, les possibilités du regard sur soi et sur le monde, ainsi que le désir de le partager.

Dans La Machine d’enregistrement, Tamador Laban exprime : « J’aime faire des films, mais je fais des films pour que les autres les voient, pas pour moi. » La programmation et la mise en commun de ces récits, accueillis pour trois d’entre eux pour la première fois dans une salle française, permettent de faire résonner ces films comme des adresses, des confessions, et de les ancrer dans un nouveau présent. De leur rencontre, un réseau discret se dessine, entre les films et au delà d’eux-mêmes ; une toile nouvelle se tisse dans la nuit, suivant celleux qui les portent maintenant en soi.

 

Au programme :

Livet På Frogner (Anne Haugsgjerd, 1983) est un métafilm sur la réalisation d’un film. Une femme souhaite écrire un scénario sur le quartier où elle habite, mais n’y parvient pas. Tiraillée, elle ne sait plus ce qu’elle veut raconter. La frustration de ne pas être là où quelque chose se passe l’amène à se demander s’il n’aurait pas mieux valu prendre une caméra et partir à la rencontre de la vie qui se déroule de l’autre côté de sa fenêtre, plutôt que de l’écrire. Ou peut-être aurait-il mieux valu vivre cette vie, plutôt que de faire du cinéma tout court ? 

Peri Erotos (Maria Gavala, 1986) met en scène une étudiante à Athènes. Recourant à la fiction et installant une atmosphère trouble et énigmatique, le film fait de la parole un moyen de rendre perceptible la violence systémique à laquelle sont confrontées les jeunes femmes et confronte le sentiment que toute issue est impossible. Avertissement – le film aborde les sujets de violences sexistes et sexuelles.

Dans Teyh (Parine Jaddo, 2002), une cinéaste irakienne vivant aux États-Unis se représente dans l’après-11-Septembre. Les événements la plongent dans un état de confusion et de désarroi. Passant ses journées chez elle, elle s’interroge sur ses choix de vie et sur son sentiment d’appartenance à un monde qui semble avoir perdu ses repères.

La Machine d’enregistrement (Noémi Aubry, Wisam Al Jafari, Tamador Abu Laban, Firas Ramadan, 2013) prend la forme d’une rencontre avec trois jeunes cinéastes palestiniens, réfugiés du camp de Deisheh, autour de leur pratique du cinéma. La rencontre se noue autour d’une caméra Super 8 Nizo. À leurs réflexions sur le fait de filmer en tant que réfugiés palestiniens et sur ce que signifie faire des films en Palestine répondent les images qu’ils réalisent eux-mêmes du camp où ils vivent, à Deisheh.


En savoir plus sur le cycle de rencontres : ici.

Intervenant
Date
Horaire
19h00
Adresse
Fondation Pernod Ricard
1 cours Paul Ricard
75008 Paris
Entrée libre
Teyh (Parine Jaddo, 2002)
Teyh (Parine Jaddo, 2002)
Peri Erotos (Maria Gavala, 1986)
Peri Erotos (Maria Gavala, 1986)
Livet På Frogner (Anne Hausgjerd, 1983)
Livet På Frogner (Anne Hausgjerd, 1983)
La Machine d’enregistrement (Noémi Aubry, Wisam Al Jafari, Tamador Abu Laban, Firas Ramadan, 2013)
La Machine d’enregistrement (Noémi Aubry, Wisam Al Jafari, Tamador Abu Laban, Firas Ramadan, 2013)